La formation des officiers est-elle aussi difficile qu'il y a 120 ans ?

L'École Royale Militaire a été fondée en 1834 par le général français Chapelié. Depuis plus de 180 ans, l’ERM forme des officiers pour la Défense belge tout en accueillant également des étudiants étrangers. Le roi Philippe décrit l'école dans un discours aux élèves officiers comme ceci : "La discipline de fer, l'entraînement physique, les exigences académiques élevées de cette école vous mettront à l'épreuve. Vous y apprendrez à mieux vous connaître".

La discipline est certainement présente dans cette université, car dès le premier jour, nous suivons un programme quotidien strict. C’est en première année que les étudiants suivent le programme le plus difficile. Ils ont un appel pour chaque activité, ce qui signifie un contrôle pour s’assurer que tout le monde soit bien présent, le tout se déroulant d'une manière militaire. Par exemple, si le petit déjeuner est servi à 6h15, les officiers s'attendent à ce que l'appél soit servie à 6h10. Se lever à 6 heures ne fait donc pas exception. Après le petit-déjeuner, il y a le salut au drapeau quotidien, peu importe les conditions météorologiques. Vent glacial, caprices d'avril, neige, forte grêle, pluie intense ou simplement un matin d'été ensoleillé ... les étudiants s’adaptent. Après le salut au drapeau, quatre heures de cours sont prévues, avec une pause de vingt minutes vers 10h00. La plupart des étudiants, comme moi, les passent à la cafétéria. Nelly, la barmaid, y sert du café et des pâtisseries et Radja y prépare des sandwiches.

J'aime être à la cafétéria, il y règne une atmosphère typique et on y trouve toujours quelqu'un à qui parler. Après le déjeuner, il y a encore quatre heures de cours. Si aucun cours n'est prévu, ce qui est assez rare, les étudiants de première année doivent étudier dans la salle avec la porte ouverte, afin de pouvoir vérifier l’assiduité. De 18h00 à 19h00, il est possible de dîner au mess. Ensuite, deux heures d'études supplémentaires sous supervision suivent pour les étudiants de première année. Pour chaque leçon, une nouvelle appél est prévue, afin de vérifier que tout le monde soit toujours présent. Après 21h00, les étudiants 1Ba sont libres de faire du sport sur le campus, de poursuivre leurs études ou de nettoyer leur chambre. Le jeudi, les étudiants de première année obtiennent une "sortie" et sont autorisés à sortir se détendre jusqu'à 01h00 à Bruxelles.

Cet horaire ne change pas beaucoup tout au long de la durée de la formation, seuls les étudiants ayant de bonnes notes bénéficient d'une plus grande liberté, par exemple, en supprimant les appéls avant de manger lors des années supérieures. Selon les notes obtenues aux examens, certains d'entre nous bénéficient de plus ou moins de sorties. Certains étudiants ayant de moins bons résultats sont obligés d'étudier pendant de plus longues périodes sous surveillance, également le jeudi soir par exemple. C'est une vie que beaucoup d'étudiants qui étudient dans les universités civiles ne peuvent pas imaginer, mais pour nous, c'est une réalité! Bien que ce calendrier soit encore plus serré...

 La cellule de l'héritage historique m'a fourni ce document, un calendrier hebdomadaire des élèves de l’ERM à partir de 1901. À cette époque, le Campus Renaissance n'existait pas encore, mais les étudiants suivaient des cours à La Cambre à Bruxelles. Le calendrier date du 1er juin 1901 et est signé par le Major Staff Deputy Albert De Keucker, alors commandant en second de l'école militaire. Les étudiants recevaient alors quatre repas par jour : le petit déjeuner, deux repas légers ("collation") et un repas du soir vers 20h00. Mercredi était un jour légèrement différent, tout comme aujourd'hui. Le mercredi après-midi était un après-midi de sortie. Le week-end d'un officier étudiant était également beaucoup plus court en 1901, car les étudiants n'étaient autorisés à rentrer chez eux que le dimanche, de 9 heures à 23 heures.

En tant qu'étudiant officier, c'est un honneur pour moi de pouvoir étudier dans une université ayant une histoire aussi vaste que celle de l’ERM. La formation que mes étudiants pèlerins et moi-même recevons est unique. La combinaison de la formation académique, militaire, physique et caractérielle est propre à notre école et n’est offerte par aucune autre université. Notre histoire, nos traditions et notre éducation spécifique, des particularités de l’ERM dont nous, étudiants (et cadres), pouvons vraiment être fiers.

 

Élève-officier Arvid De Dapper
157 SSMW
23/05/2020

Dagplanning 1901

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